La méduse, création numérique de François LORK

Dans "La Méduse" de François LORK, nous sommes confrontés à une œuvre qui déjoue les conventions artistiques contemporaines, tout en puisant dans une tradition profondément ancrée dans la quête de l'invisible et de l'inintelligible. Cette création numérique, forgée dans les feux des mathématiques, défie toute catégorisation simpliste. LORK s'impose trois contraintes rigoureuses : n'utiliser que des équations ou des transformations mathématiques, éviter les techniques déjà connues comme les fractales, et transcender la nature calculatoire des images pour obscurcir leur genèse mathématique.

La première impression que l'on retire de "La Méduse" est celle d'un jeu entre la symétrie et le chaos. À bien des égards, LORK s'inscrit dans une tradition qui remonte aux dessins de Leonardo da Vinci, où la géométrie rencontrait la biologie pour suggérer des formes nouvelles, voire extraterrestres. Les lignes fluides qui se croisent et s'entrelacent évoquent le mouvement insolite des créatures sous-marines, une vision aquatique et éthérée qui forme l'essence même de cette "Méduse".

L'œuvre se détache par sa monochromie audacieuse, rappelant les gravures délicates de Rembrandt où le jeu d'ombres et de lumière crée une profondeur incalculable. Cette absence de couleur force le spectateur à se concentrer sur la complexité du tracé, sur la danse des formes qui semblent vouloir échapper à toute tentative de classification. En cela, LORK semble marcher dans les pas de Paul Klee, pour qui l'art devait rendre visible l'invisible.

LORK s'écarte résolument des sentiers battus, refusant les outils du fractaliste pour atteindre un langage visuel purement mathématique, inexistant jusqu'alors. Dans une époque où la technologie numérique tend parfois à submerger la singularité artistique, LORK apparaît comme un mécène moderne de l'innovation visuelle, empruntant le chemin du pionnier. Sa démarche nous rappelle celle des constructivistes russes qui, au début du XXème siècle, cherchaient à embrasser la révolution industrielle à travers la géométrie rigoureuse et le fonctionnalisme.

La composition symétrique, loin de devenir une simple répétition mirroir, offre une réflexion sur le concept de la perception humaine, un clin d'œil à Rorschach, mais avec moins de psychologisme et plus d'abstraction contemplative. En engageant le regardeur à questionner ses sens, LORK touche à la limite même de l'Art. 

Finalement, "La Méduse" pourrait être perçue non seulement comme une œuvre visuellement captivante, mais aussi comme un manifeste tacite en faveur d'une nouvelle forme de création où la rigueur logique et la poétique du rêve ne sont plus des opposés irréconciliables, mais des partenaires dans une quête sans fin.

 

LORK François  -  La méduse

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